Monsieur,
Stabiliser les glycémies de nos patients, diabétiques, sportifs, souffrant d’endométriose, de SOPK, lors de grossesses notamment fait aujourd’hui partie de nos préoccupations premières.
L’avenir nous fera probablement élargir ces recommandations à la population générale et ce, dès le premier âge.
Or chaque jour, nos écoles parisiennes offrent à nos enfants des goûters hyperglucidiques et très souvent transformés (gâteau, compote/ jus de fruits).
Il arrive pourtant que ces glucides soient contrebalancés de manière simple par un fromage ou un laitage. Pourquoi ne pas l’appliquer systématiquement : répondre à la prise de glucide par la prise de protéine et limiter la proposition de produits transformés en dessert.
Sur une semaine type nous avons pu trouver par exemple :
-une ile flottante en dessert, une compote au goûter (dénuée de fibres, de vitamine C qui devrait être réservée au resucrage du diabétique, au bébé en période de diversification alimentaire, au sportif lors de sorties sportives au-délà de 90 minutes).
-pêches au sirop en dessert, baguette viennoise aux fruits secs, banane : on peut légitimement s’attendre à un total au goûter de => 11 sucres ( 4 pour la banane; 7 pour la baguette)
-absence de légumes au repas ; moelleux au citron au goûter et un jus d’orange (dénué de vitamine C après pasteurisation, absence de fibres)
-crème dessert au caramel au beurre salé
Il n’y a donc pas une journée sans sucres ajoutés, sans produits transformés.
Sans compter que l’apport glucidique à la journée grimpe également en flèche lors des anniversaires célébrés en classe (jus de fruits, bonbons, gâteaux sucrés) ainsi que lors des récompenses offertes par les animateurs durant les TAP (bonbons).
Nous devons pourtant faire face à une période durant laquelle le surpoids et l’obésité frappent à la porte des pays européens, les derniers chiffres font état de 17% de surpoids et d’obésité chez les enfants de 6 à 17 ans; 11% chez les enfants de 4 ans.
Pourquoi ne pas proposer :
Des fruits/pain avec yaourt/lait/fromage
Les écoles parisiennes proposent durant les temps scolaires et périscolaire des activités cuisine et nutrition faisant découvrir aux enfants le goût des choses simples et de saison.
Cette semaine Madame La Maire a également fait intervenir un chef cuisinier dans un établissement du quartier.
Mais en parallèle leur est montré que la vraie vie, celle de la cantine au quotidien, comporte des produits sucrés apportant peu de vitamines et minéraux et beaucoup de sucres. Cela légitime, banalise cette manière de s’alimenter : ni saine ni écologique.
Il y a des années maintenant était systématiquement proposé aux enfants un morceau de pain avec un verre de lait au goûter, serait-ce envisageable de le réintroduire dans les écoles ?
Cela permettrait :
-un apport lacté, protéique, calcique simple, sain et peu couteux et écologique (plutôt qu’avoir des briquettes de jus de fruits)
-une collaboration avec les producteurs laitiers de notre région
-la diminution du risque d’hyperglycémie chez les enfants en fin d’après-midi et donc la contribution de la mairie à la diminution du risque d’obésité chez les enfants (pain + lait => glucides + protéines => glycémie stabilisée)
-le retour aux choses simples et non transformées
En tant que diététicienne-nutritionniste spécialisée notamment en pédiatrie je me tiens à votre disposition, avec plaisir, afin de tendre vers un objectif d’une cantine responsable s’inscrivant dans la préservation de la santé des enfants de notre quartier.
Je vous souhaite une très bonne soirée,
Cordialement,
Pauline Sonnino-Laveix
