« Oui, avec plaisir… En principe »

Je ne sais pas si on s’y fait, et encore moins si les autres le supporteront longtemps.

Face à ces heures de choix cornélien : forcer sur son corps pourrait-il nous faire du bien ou au contraire nous déclencher une crise aux séquelles plus ou moins lourdes ? Quelle(s) solution(s) ?

Après plus d’un an d’apprentissage des signaux lancés par mon corps, j’ai encore envie de crier un « I don’t know » quand on me demande si je suis sûre que je viens ou que je ne viens pas. Ce n’est pas que je ne veux pas ou que je suis atteinte d’une soudaine flemmardise. Dieu que je rêverai de ressentir parfois une simple baisse de motivation à qui il manque juste une once de coup de pieds aux fesses. Non, ce que je ressens ce soir c’est une incapacité physique mais une possibilité mentale. C’est-à-dire qu’il me reste encore quelque chose du temps où j’agissais au mental soit par injonctions sur mon corps. Il existe alors chez moi une phase d’incapacité de mon corps mais de possibilité « au mental ». Nous avons l’habitude, de nommer cette phase une « Penetta » comme la joueuse italienne de tennis qui a remporté le tournoi de l’US Open en 2015, au mental. Je nous vois, E. et moi bouquinant dans une chambre d’hôtel dans le quartier romain de Trastevere écoutant en fond sonore le match de Flavia Penetta. Et même si E. n’est pas un grand fan de match féminin le voilà accroché au score lui aussi.

Cette virée romaine se fera avec joie mais dans la douleur. Et chaque jour en enfilant mes baskets et mon sac à dos je « fais une Penetta ». Un seul geste du doigt pointé sur ma tempe suffit à faire comprendre à E. que mes jambes et mon dos me font souffrir mais que je vais la faire cette traversée de Rome à pieds sous un soleil battant les dents serrés mais le menton en avant et le regard déterminé.

Mais aujourd’hui j’essaie de ne garder ces « Penetta » que pour des cas de force majeure, soit pour des week-end prévus depuis des mois ou encore des anniversaires.

Et même si ce soir je meurs d’envie d’aller faire faire du sport à mes bonnes amies, je me dois de décliner pour me préserver. Et même si la culpabilité peut parfois me tirailler, je sais aujourd’hui décliner avec le sourire.

Un jour mon étiopathe m’a assuré que j’y arriverai à décliner avec le sourire : un sourire affiché mais avant tout ressenti, bienveillant, signifiant à l’autre non pas ma colère de devoir décliner mais mon désir de repousser notre rendez-vous pour encore plus en profiter ! Et peut-être que je m’adoucis, que mes refus sont mieux exprimés et donc mieux réceptionnés mais surtout je suis admirative de mon entourage qui comprend, qu’avec Pauline c’est toujours « oui, avec plaisir, en principe. Sourire ». Le « en principe » est enfin compris comme : « j’en ai très envie, je ferai mon maximum mais si mon corps ne peut pas, je déclinerai et ça ne sera pas à comprendre comme un « j’avais un meilleur plan pour la soirée ». Parce qu’entre nous les plans bouillotte, vapotage, huiles essentielles j’aimerais m’y désabonner.

 

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