Le sevrage

Il s’entend comme l’introduction d’aliment autre que le lait maternel. Il peut s’agir du lait artificiel et/ou d’aliment solides mixés par exemple.

Mais dans le cœur des mamans il s’agit du moment où elles donneront la dernière goutte de lait à leur bébé.

Il s’agit d’une étape cruciale dans la vie de l’enfant qui se célèbre dans certains pays comme un passage vers la vie adulte. L’enfant n’a plus la tétée de réconfort qui l’apaisait tant, et la maman peut éprouver le sentiment de ne plus servir à rien, d’autant plus que les hormones sécrétées lors de la succion (prolactine et ocytocine) vont diminuer dans son sang ce qui lui fera naturellement noter une petite baisse de moral passagère.

Le sevrage peut se faire parce qu’on l’a décidé, parce qu’on n’a pas le choix (reprise du travail, missions loin de bébé…) ou parce que l’enfant l’a décidé.

Dans les premiers cas il s’agit du sevrage induit, dans le dernier : naturel.

Le sevrage naturel intervient entre les 2 et 5 ans de l’enfant en moyenne, il peut aussi survenir lors d’une grossesse (le lait devient plus salé, plus proche du colostrum, l’enfant peut alors se sevrer pour de bon ou reprendre les tétées après l’accouchement de sa maman, il n’y a pas de règle (si peu en matière d’allaitement).

Le sevrage induit est celui qui nous intéresse ici : que le choix des parents ait été volontaire ou contraint, il est primordial de ne pas se blâmer pour la fin de cette aventure lactée. Félicitez-vous des heures, des jours, des mois parcourus ! C’est si courageux de tenter d’installer au mieux un allaitement que l’on sait d’avance non pérenne.

Ensuite, il convient de penser organisation pour pouvoir fixer des objectifs qui conviennent à toute la famille.

Quel âge a l’enfant ? (Plus ou moins de 6 mois)[1]. Est-ce que je suis prête à prendre le risque d’une baisse de lactation ? Est-ce que j’accepte de passer au mixte en conservant les tétées à volonté en ma présence (matin, soir, week-end) ou est-ce que je souhaite le sevrer intégralement ? Est-ce que je peux tirer mon lait ? Est-ce que je le veux vraiment ? Est-ce que je suis prête ? Est-ce que c’est envisageable avec mon emploi du temps ou est-ce que cela devient une contrainte ? Est-ce que j’accepte de lui donner du lait artificiel ou est-ce que je préfère lui donner sous une autre forme (yaourt etc.) ? Est-ce que je suis prête à lui donner un biberon ? Est-ce que je suis ok avec l’objet ?

Une fois que je suis décidée à sevrer intégralement, je m’y prends comment :

Généralement, les mamans vont préférer commencer par une tétée en moins en milieu de journée : celle de milieu de matinée ou celle du goûter : à la place elles donneront un biberon de lait artificiel. Et puis on finira par supprimer celles du matin et du soir. Elles peuvent aussi très bien commencer en coupant les biberons avec du lait tiré (lait maternel donc) et lait infantile pour réduire petit à petit la quantité de lait maternel au profit du lait artificiel. Elles peuvent aussi commencer par donner le sein puis stopper et finir par du lait artificiel. Dans la mesure du possible on y va en douceur. On parle à l’enfant en lui expliquant ce qui se passe, en le remerciant pour cette aventure lactée parce que oui c’était bon pour lui mais pour nous aussi, hein ? le shoot d’hormones qui détendent, ces échanges magiques avec notre petite prunelle.

Et pour ne pas risquer de l’effrayer avec le débit du biberon : on le lui donne assis, le biberon à l’horizontal pour éviter qu’il n’ait une trop grande quantité d’un coup à avaler. Et on tente de rendre ce repas aussi doux que l’allaitement. On tente de se rendre disponible, vraiment, en le regardant, en le caressant. Il ne doit pas avoir le sentiment qu’on le punit en lui refusant le sein. On doit au contraire lui montrer qu’il grandit et qu’on est sacrément fiers de lui.

Et mes seins dans tout ça ? Je ne risque pas l’engorgement ? Si ! On risque l’engorgement à tout moment, sevrage ou pas : des vêtements trop serrés, une mauvaise prise au sein, cela peut arriver mais on sait comment faire pour l’éviter.

En cas de sevrage on cherche à :

sevrer progressivement (15 jours par exemple), moins l’enfant prendra le sein, moins on produira de lait mais il faudra un petit temps d’adaptation pour que le cerveau comprenne qu’il faut réduire la production.

assouplir le sein, à soulager sans stimuler la lactation : on peut extraire un petit peu de lait sous la douche à la main juste pour se sentir plus confortable pas pour « vider » (même si les seins ne sont jamais vraiment vides). On peut remplir un verre d’eau chaude et faire tremper le sein dedans pour que le lait s’écoule un peu. On peut utiliser une sorte de tire-lait qui n’en est pas un comme le Haka. Souvent l’eau chaude sous la douche soulage, on a aussi les fameuses feuilles de chou (qu’il faudra bien casser à la main ou au rouleau à pâtisserie car c’est la sève qui est anti-inflammatoire). On peut boire des tisanes de sauge, de persil, de menthe. L’homéopathie peut aussi s’avérer efficace (demander conseil à son médecin).

Comme biberon on part sur quoi ? Sur de la simplicité ! Une tétine selon son âge, un petit biberon peut-être pour ne pas l’effrayer et puis c’est tout.

Et pour le lait ? Pareil ! il existe 288 laits infantiles sur le marché qui vous promettront monts et merveilles ! Ils sont tous équivalents : ils respectent entre autres, un certain taux de protéines et votre bébé ne risquera rien. Ce n’est pas parce qu’il semble être gêné au début qu’il faut de suite en changer. Son petit système digestif doit s’y habituer, ne paniquez pas. En revanche on choisit un lait adapté à son âge (premier âge, 2e âge…).

Et si bébé fait la grève du biberon malgré tout ?

Personne n’a dit qu’il fallait qu’un enfant boive dans un biberon : on peut tout à fait essayer la cuillère, la tasse, le DAL, la pipette.

Pour finir, le sevrage est une étape qu’il est toujours bon de ne pas considérer seulement comme la fin d’une histoire lactée plus ou moins agréable mais comme le début d’une nouvelle histoire durant laquelle on va se montrer inventif afin de créer un lien différent avec son enfant. (Lire un conte au moment du biberon du soir, des câlins, des jeux, des activités qui lui plaisent) afin qu’il comprenne qu’il grandit et qu’on en est ravis. On espère que lui aussi!


[1] A moins de 6 mois il faudra soit tirer son lait soit faire du mixte soit passer intégralement au lait infantile et s’il l’on souhaite maintenir sa lactation : il sera indispensable de tirer son lait en journée car les seules tétées du matin et du soir seront insuffisantes pour la maintenir. Mais encore faut-il que cela ne devienne pas une contrainte insurmontable.

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