Allaitement ? La bonne information au bon moment

Allaitement ? La bonne information au bon moment

Cher « Au féminin »,                   

En lisant votre article du 11.01.22, je n’ai pu que vous écrire.

La lecture de certains paragraphes que je me permets de vous joindre m’a fait oser les relever et les commenter tant je crois qu’une information claire, vérifiée et précise s’impose, sur tous sujets, et peut-être davantage encore sur la question du sevrage.

C’est avec ma casquette de professionnelle de santé en périnatalité (diététicienne-nutritionniste affiliée Réseau de Santé Périnatal Parisien) mais aussi de mère que je vous écris alors.

« Quand certains pourront aisément se contenter d’un allaitement exclusif jusqu’à un an, d’autres montreront des signes d’insuffisance nutritionnelle dès le 6ème mois, vous obligeant donc à vous diriger plus rapidement que prévu vers le chemin de la diversification. »

A partir de 6 mois : le lait maternel ou non d’ailleurs ne suffit pas à couvrir les besoins en fer ; En revanche un lait maternel qui ne suffirait pas en tant que produit laitier n’existe pas. On confond souvent baisse de lactation avec lait pas assez nourrissant. Le lait pas nourrissant n’existe pas, en revanche une baisse de lactation est monnaie courante, lorsque les familles n’ont pas les bons conseils au bon moment (en amont, en mon sens).

De plus, les recommandations françaises en termes de diversification chez l’enfant allaité ou non sont de débuter entre 4 et 6 mois la diversification alimentaire pour diminuer le risque de développement d’allergies alimentaires.

Le terme « plus rapidement que prévu » laisse à penser qu’en cas de baisse de lactation l’on peut diversifier, et à l’inverse si tout fonctionne bien, on pourra continuer d’allaiter exclusivement (en langage OMS : apport lacté sans solide), jusqu’à 1 an donc.

Puis plus loin : « Organisation mondiale de la santé recommande d’allaiter un enfant jusqu’à 6 mois minimum pour sa santé. »

L’OMS recommande d’allaiter 2 ans au minimum dont 6 mois exclusivement car en effet, à 6 mois, les besoins (en fer) seuls du lait, maternel ou non, ne sont pas couverts par le lait, c’est alors le début de la diversification alimentaire (l’introduction de « solides » en DME ou en purées. Je crois qu’il est important de rappeler, et ainsi d’ouvrir un peu les regards réprobateurs sur l’allaitement qui répond aux recommandations de l’OMS, qui est en France, dès les 6 mois passés, qualifié « d’allaitement long ».

« Pour une transition en douceur, privilégiez une formule infantile spécifiquement conçue pour prendre le relais de l’allaitement maternel au sein d’une alimentation diversifiée. Novalac Relia 2 »

Et le lait relais ? De la publicité… Pourtant, les pédiatres s’accordent à dire que cela n’a aucune incidence si ce n’est de compliquer encore un peu la vie des parents pour qui le sevrage n’est pas toujours très facile à appréhender.

Mon agacement n’a rien contre votre journal qui est lu par nombreux d’entre nous et qui permet de vivre la parentalité dans la connaissance et la douceur.

Mais ces lignes contribuent à ce que les familles imaginent :

-qu’il existe des laits maternels non nourrissants

-qu’il est nécessaire de risquer la mastite pour un sevrage réussi (or il existe des techniques de désengorgement en parallèle afin d’assouplir les seins sans stimuler la lactation)

-et qu’il est nécessaire de trouver un lait particulier quand on a eu le malheur d’allaiter. Le même débat a fini par faire consensus par les pédiatres français pour la question du lait de croissance. A partir d’un an il est désormais acté qu’un lait de vache classique, entier, convient pour l’alimentation d’un enfant de 1 à 3 ans. Il me semble que toujours se positionner du côté de la flexibilité et de la simplicité est bénéfique pour des parents ainsi rassurés et écoutés.

Je reconnais malgré tout qu’aborder la période du sevrage n’est jamais une mince affaire, tant il est souvent question de culpabilité, de sevrage contraint (par la reprise du travail, comme vous l’avez très justement évoqué, avec un congé maternité excessivement court et une loi du travail peu appliquée pour le tire-allaitement), et de jugement (soit que l’on sèvre trop tôt ou trop tard).

L’allaitement nécessite une information claire et un accompagnement concret et bienveillant, et je vous remercie infiniment d’avoir ré-abordé ces questions épineuses, même si je dois reconnaître que j’aurais apprécié lire les dernières recommandations balayées de tout doute.

Je vous souhaite une belle soirée et reste bien évidemment disponible pour en discuter.

Bien cordialement,

Pauline Sonnino-Laveix

Lire l’article? Par ici;

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