Il y a quelques jours c’était la fête des mères, alors forcément je pense à la femme et à la santé de la femme.

Santé mentale et physique aussi.

Après l’injonction d’éduquer ses enfants de manière à la fois ferme et bienveillante tout en gardant, en toutes circonstances, patience, voilà venue l’injonction à prendre soin de soi. Après avoir donné le bain ou aux aurores avant que toute la maisonnée soit levée ?

Voilà que le week-end de l’ascension rime avec fête des mères et heureusement pour vous, internet regorge de sites vous permettant en 3 clics de vous débarrasser de cette lourde tâche : offrir un bouquet à votre moitié.

Pourtant il y a fort à parier que la priorité de votre moitié cette année c’était pas un bouquet bientôt fané. Elle aimerait en priorité se sentir écoutée, épaulée et secondée voire leadée en matière de tâches administratives.

Les vacances scolaires arrivent et déjà elle gère inscription aux activités de l’ainé, aux heures de garde du dernier ; plus tard ce sera au tour de la rentrée faisant rimer craie avec cantine, couverture des livres et encore, inscription aux nouvelles activités, sans compter les pleurs de Jules qui n’est pas dans la même classe que Victor et l’agacement de son mari qui regrette sa nouvelle recrue.

Sa journée à elle lui a permis d’avaler 3 carottes, 10 amandes, sur le pouce, sans parvenir à trouver le temps d’ouvrir ne serait-ce que la moitié de ses mails.

Mais elle aura peut-être un beau bouquet lui rappelant comme elle a de la chance d’être si bien entourée.

Ce n’était pas d’un bouquet ni d’un massage du visage dont elle avait le plus besoin.

C’était toute l’année des fins d’après-midi partagées.

Cuisiner en écoutant ses podcasts préférés pendant que sa moitié se chargerait du bain et des devoirs ; Ce serait trouver le temps d’un verre partagé les enfants gardés par celle ou celui que son mari se serait chargé d’appeler.

Ce serait les bacs à glaçons remis au congélateur prêts à être utilisé pour son lait tiré ou les biberons lavés qu’elle n’aurait plus qu’à donner, bref messieurs dans une famille ou les parents co-gèrent leurs responsabilités, la mère a nettement moins besoin d’aller se faire masser, de fuir en retraite de yoga, loin de la maisonnée qui ne repose que sur elle et sa santé, mentale, physique, avez-vous dit ?

J’en profite pour dire mon admiration pour mon mari, ami, compagnon depuis si longtemps qui je l’espère un jour, donnera quelques-unes de ses clés aux papas qui se cherchent un peu dans leur parentalité ; et je salue du fond de mon cœur tous les parents solos à qui je tire bien bas mon chapeau !

J’en profite aussi pour parler du dernier salon du bébé parisien où j’ai animé le stand allaitement.

J’ai reçu des mamans mais surtout des parents. Le compagnon se montrait sceptique, écoutait peu, le regard fuyant réfléchissant probablement à comment il empilerait pour le mieux leurs emplettes du jour.

J’avais alors 2 objectifs :

  1. donner les informations nécessaires à un allaitement serein, à l’écoute de l’enfant mais aussi de sa mère
  2. amener le père à saisir l’importance accrue de son rôle.

J’ignore si ces nombreuses familles rencontrées allaiteront ou non, mais le sourire des pères après ces quelques minutes d’échange m’a émue : ils avaient compris qu’ils ne seraient pas là que pour changer les couches de temps et en temps et mettre un ballon de foot dans les pieds de leur messie. Ces sourires-là, je ne les oublierai jamais. C’est ça le cœur de mon métier, c’est ça accompagner ; redire aux familles combien les mères doivent être écoutées, combien les places des partenaires ne se donnent pas mais se prennent avec douceur et avec amour.

J’espère un jour ne plus avoir à entendre qu’un enfant n’a pas été allaité, pas par choix, mais pour que le père puisse le nourrir au biberon.

  1. le tire-lait le permet
  2. qui empêche le père lorsque la mère donne le sein de se rapprocher tout prêt, de caresser le dos sous le babygros de la prunelle de leurs yeux.
  3. qui empêche le père d’être fier que, grâce à son soutien, sa compagne allaite dans la joie. Repas chauds, gourdes d’eau, amandes, chocolat disséminés dans le salon…

Bref il ne revient pas qu’à la femme d’aller mieux, mais il revient à la famille entière de prendre ses responsabilités pour que chacun puisse trouver refuge chez soi.

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